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BiblioBox, Star Wars et pédagogie active

Je suis intervenu ce jeudi 10 Décembre à Chambéry lors de la journée Mettre en œuvre des pratiques innovantes en bibliothèque pour présenter les bibliobox. Bon les bibliobox sont parfois capricieuses et trop de connexion en simultanée ont eu raison de la mienne. Heureusement j’en avais apporté une autre. Merci à Nathalie Caclard, Loïc Gervais et Savoie-Biblio pour l’invitation.

La bibliobox permet de partager  et valoriser des fichiers sous licences libres ou du domaine public. Mais sont souvent mal perçus par les collègues le grand public, au mieux ils sont  considérés comme trop vieux et/ou pas intéressant. J’ai donc compilé un document uniquement à partir de ressources libres en utilisant uniquement des logiciels libres pour réaliser un fichier .epub compilant des articles autour de l’univers de Star Wars, difficile de coller plus à l’actualité.

Pour cela je me suis appuyé sur les innombrables articles dédiés au sujet sur Wikipédia et leur outil de création de livre. Il s’agit d’une collection d’articles que vous pouvez  importer dans LibreOffice pour le modifier, l’adapter selon vos besoins. Une fois le fichier prêt vous l’exportez ensuite au format epub avec l’extension Writer2epub.

Le résultat est perfectible mais cela m’a donné déjà une bonne idée des possibilités et de la quantité de travail à opérer sur les textes avant d’obtenir un résultat convenable. Sur ce premier test, il faudrait encore rajouter des illustrations libres de droit et on pourrait encore améliorer le contenu en y ajoutant d’autres sources d’info. A commencer par les traductions des articles wikipédia anglophones très complets ou ceux en provenance des différents wiki communautaires comme Wookipédia dont les articles sont placés sous la même licence CC BY-SA que Wikipédia.

Bien entendu, compiler 160 pages d’articles et les mettre en forme même rapidement est très chronophage. Mais rien ne vous oblige à faire ça seul ! L’ensemble des livres créés avec l’outil de wikipédia sont disponibles et librement téléchargeables . A vous ensuite de repérer les communautés d’intérêt sur votre territoire et d’initier vos usagers au métier d’éditeur et de proposer des ateliers.

Sur la forme, cette présentation a été l’occasion de mettre en œuvre 2-3 idées pratiques de pédagogie active issues de la présentation de Magalie Le Gall (que je ne peux que vous recommander). Et je suis fier de vous annoncer que la Médiathèque de Rumilly dispose d’une bibliobox bien méritée après s’être courageusement lancé dans une Battle Desk (les 5 dernières diapos de ma présentation).

Si vous voulez réviser d’ici mercredi prochain le fichier epub est à télécharger ici et que la force soit avec vous.

 

Visite du TechshopLM

J’ai été visiter ce dimanche l’atelier de fabrication collaboratif ouvert par Leroy Merlin en partenariat avec Techshop. Le résultat est impressionnant : des espaces bien pensés, des tables de travail, des prises un peu partout, de nombreuses machines et des conseillers disponibles prêt à vous aider. Quand on voit le résultat, on se doute qu’il fallait un investissement financier important pour lancer un tel espace.

On y trouve un espace de coworking, des horaires d’ouverture élargis (9h-22h30), une cuisine et du pop corn (notre guide a beaucoup insisté sur ce dernier point). Au rez de chaussé une imprimante capable d’imprimer sur du bois, des fraiseuses, un atelier métal. A l’étage les imprimantes 3D, découpeuses laser et les espaces électronique et textile.

Le lieu fonctionne sur abonnement avec des tarifs élevés : 50 euros par mois (avec engagement de 12 mois) pour accéder aux machines de 9h à 13h30 en semaine, sans possibilité de réserver à l’avance et une utilisation par tranche d’une heure des machines. Jusqu’à des abonnements illimités de 180 euros  permettant de réserver à l’avance et de travailler 4h d’affilés sur les machines. Dans tous les cas vous pouvez oublier de lancer des impressions de 6-7h. Au prix de l’abonnement vous rajouterez également le tarif des cours obligatoires pour utiliser certaines machines (24 euros de l’heure)

Ce qui me pose problème, ce n’est pas le fait de mettre en place un modèle économique, mais la mise en concurrence des membres induite par ce fonctionnement. Certaines machines comme la Shopbot seront à n’en pas douter très demandées, elles sont très chères et difficiles d’accès pour le commun des bidouilleurs. Il y a fort à parier que les membres ayant souscrits un abonnement illimité souhaiteront rentabiliser leur investissement. Si vous avez un abonnement moins avantageux il vous faudra vous armer de patience et/ou avoir de la chance pour y accéder.

L’accent est mis sur la convivialité du lieu avec des espaces de travail pour que les membres puissent se retrouver échanger mais cela m’a surtout donné l’impression d’un open space de fabrication plus que d’un espace collaboratif. Chacun ayant la possibilité de monter son projet dans son coin. Un peu comme dans une salle de gym où chacun s’entraîne à côté de l’autre. (l’image de la salle de gym n’est pas de moi c’est sur leur plaquette) L’un des objectifs mis en avant semble être la possibilité de vendre ses créations, toute une série de success story sont d’ailleurs présentées (dodo case, Oru Kayak…) Je ne doute pas que des membres pourront y faire des rencontres intéressantes, mais un open space n’a jamais été un espace collaboratif.

Contrairement à un fablab, il n’y a pas d’outils de documentation des projets/machines entre les membres.  Comment faire circuler les idées, les savoir-faire ? Comment valoriser les membres experts ? Comment même devenir expert si l’on ne peut pas accéder aux outils ? On reste dans un système classique de transmission des savoirs, on ne retrouve pas ce principe d’échanges entre pairs propre aux hackerpsace et fablabs. Une communauté ne se décrète pas, elle se construit. Elle ne peut dépendre de la capacité de ses membre à payer un abonnement.

Back to the library, ma bibliothèque dans 10 ans.

Back to the library
Pour son numéro anniversaire, la revue des livres pour enfants m’a demandé d’imaginer ma bibliothèque dans 10 ans, j’ai donc sauté dans ma DeLorean pour assister à une visite de ma bibliothèque en 2025.

Depuis plus d’un an maintenant la bibliothèque dispose d’un atelier de création, on y trouve en accès libre toute une série d’outils allant du pinceau à la découpeuse laser en passant par le marteau ou la machine à coudre. Et surtout nous disposons de grandes tables de travail, pour que tout le monde puisse s’installer et mener à bien son projet. Cet espace ne se limite pas aux outils d’un fablab même si on était parti sur cette idée au début. L’imprimante 3D faisait rêver, mais on s’est vite rendu compte que tout l’intérêt était de mixer les outils et les techniques. Une grande source d’inspiration pour nous a été la bibliothèque de Madison aux Etats-Unis et son espace The Bubbler déjà en place depuis une dizaine d’année maintenant. Comme à Madison, on ne voulait pas faire de cet espace un lieu uniquement centré sur la technologie mais un lieu ouvert à tous. C’est avant tout un espace collaboratif de création dans lequel en fonction des projets on utilise des outils numériques ou non, et c’est un des points forts de notre projet on ne voulait pas se limiter à des outils numériques, c’est avant tout un espace de création où l’on fait appel aux compétences des collègues bien entendu mais surtout à celles des habitants.

Et c’est cela qui fait que l’espace fonctionne, dès le début sur le modèle de la médiathèque de Lezoux, nous avons été à la rencontre des habitants et des différentes communautés déjà en place. Nous avons réfléchi ensemble à la manière dont la bibliothèque pouvait devenir un connecteur entre ces communautés. En interne il a moins fallu se former moins sur les techniques et les outils que sur l’animation de communauté et les démarches collaboratives. Sans l’investissement des habitants cet espace n’aurait pu fonctionner.

Au quotidien, en plus des temps d’accès libres, on propose des temps d’échanges de compétences animés par des artistes en résidences, des habitants.ou le personnel en fonction de ses compétences. Tout ces ateliers donnent lieu à la création de fiches sur notre site collaboratif, nous disposons maintenant d’une dizaine de projets documentés. La publication est l’occasion de parler de licences libres, d’écriture sur internet. On a pas laissé tomber les ateliers que l’espace numérique menait auparavant mais le fait d’intégrer concrètement ces thématiques au cœur des projets a permis aux lecteurs de mieux comprendre les enjeux qui y étaient liés.

Il existe toujours une fracture numérique, mais les différences d’usages se sont considérablement accentuées ces dernières années. C’est pour cela que nous avons mis un espace de création au coeur du projet de notre établissement. Pour citer lauren bradley de la bibliothèque de Fayetteville l’objectif est  » de fournir un accès libre et ouvert à l’information, aux technologies et aux idées. »  Ce n’est pas très différent de ce que les bibliothèques ont toujours fait. Cet espace nous permet d’explorer avec les usagers différents modes d’expression que ce soit par l’écriture, la programmation, les arts plastiques, la musique. Nous disposons toujours de nombreux documents dans nos collections mais nous produisons également, avec l’aide de nos lecteurs, nos propres contenus que nous partageons avec d’autres espaces collaboratifs à travers le monde.

De l’EPN à l’Espace de Pratiques Numériques en passant par le fablab : Les EPN en bibliothèques

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De nombreuses bibliothèques possèdent un espace multimédia proposant une offre de formation. Cependant, comme le souligne Hubert Guillaud,  l’offre de formation a peu évolué, se limitant au triptyque bureautique, courriel et web, même l’offre jeux en réseau reste un épiphénomène. Dans le même temps les usages évoluent et les espaces mulitmédias peinent à attirer de nouveaux publics.

Il y a toujours un besoin de formation “basique” qui reste très important notamment aux Ulis où chaque année nous sommes dans l’obligation de refuser du monde malgré nos 4 ateliers hebdomadaires. Mais force est de constater que cette offre d’atelier attire uniquement un public senior qui fréquente déjà la médiathèque.

Pour attirer de nouveaux publics, montrer aux actifs,  aux jeunes que l’espace multimédia n’est pas uniquement synonyme de découverte du bureau Windows. Il est nécessaire de revoir le contenu des ateliers mais aussi s’interroger sur leurs fonctionnement.

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